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Derrière le miroir


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Jeudi 14 Août 2008
Happy end
--> - là où tout commence -
Une année.

De cette année aucune trace, nul mot sur ces pages.
J'avais trop à vivre tu sais - ces instants à deux.

De l'année passée, trop de lignes.
Ne les retiens pas, ne me relis pas, il y a eu ça mais mille choses encore. C'est ce qui m'a fait grandir, changer. Et te retrouver.

On devait vivre tout ça pour s'attendre...

Happy end.


Je t'aime

Ecrit par tchii, à 18:26 dans la rubrique "Quotidien".
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Mercredi 22 Août 2007
Autre histoire.
Deuxième midi. Deuxième on se croise mais on se voit pas. Ou plutôt je le guette de loin et je détourne le regard quand il arrive à ma hauteur sans savoir s'il m'a vu. Trop peur qu'il fasse semblant de m'ignorer sans doute. Ce soir il travaille, je l'ai appelé en sortant à vingt heures il était en sortie SAMU il y a même eu la sirène un court moment il n'avait pas vraiment le temps de parler il a repris une demie garde je croyais que c'étais mercredi. Est-ce qu'il appellera en sortant? Ce soir j'avais vraiment envie de le voir ce soir j'étais triste et je voulais le voir pour tout oublier de cette journée de cette fatigue de ces idées noires et de mort et des mots qui n'en finissent pas d'être impuissants. Oublier le visage blanc et les yeux mi-clos le visage qui me rappelle ma tante. Oublier la fatigue et mes vingt-cinq ans tout légers tout dérisoires devant le noir et la mort et les yeux clos et l'envie du vide qui cloue au lit.
Ca ne va pas.
Même pas de larmes.

L'excuse de la fatigue, deuxième soir.
Trop fatigué pour appeler. Désolé.
Pourquoi suis-je toujours aussi déçue? Pourquoi je suis aussi mal trois soirs par semaine? Pourquoi le sourire que j'ai à l'hôpital je ne peux pas le garder le soir devant mon miroir? Pourquoi ça me touche autant le moindre geste d'abandon? On se connaît à peine. Qu'est-ce qu'il sait de moi? Qu'est-ce qu'il a envie de savoir au fond? Juste que je suis jolie, qu'il me plaît et qu'après quelques détours ici et là il peut m'avoir dans son lit.
Ca marche comme ça.
Et je joue le jeu, et j'oublie le mode d'emploi je crois toujours que le garçon en face pense quelque chose de bien pour moi. Je tombe à côté - François ne pense rien de moi.

C'est juste la fatigue.
La dépression des patients qui déteint sur moi.
Une insomnie.
Demain, ce matin, il faut pourtant se lever et sourire parce que l'autre, les autres, l'étranger veut croire que c'est le sourire qui me va.

Moi aussi je fatigue.
Mon coeur fatigue.
Ecrit par tchii, à 01:05 dans la rubrique "Quotidien".
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Lundi 18 Juin 2007
Sucré Salé
Salé le bruit de ses pas qui s'éloignent, le travail qui n'attend pas et qui lui importe plus que tout. Tu peux comprendre n'est-ce pas?
Sucrée sa main qui cherche un peu la mienne, comme pour me dire je suis venu tu vois.
Salée la petite phrase du PH qui met le doigt sur ce qui blesse - la petit voix qui dit t'es pas à la hauteur ha ha.
Sucrés les mots d'un patient un jour où tout va mal, pour se remettre sur les rails quand un instant tu doutes d'aimer ça.
Salée l'attente quand j'avais dit non j'attendrai pas - jamais - personne - plus après ça.
Sucrées les bulles de savon, des instants de bonheur suspendus, une ballade à la mer, des bonbons dans un mouchoir, et ses bras le soir où je pourrais pleurer d'être moi.

Sucré Salé. La vie qui me va.

Salé le vide qui vient quand je ne m'y attend pas - deux crises de larmes le jour où - quand j'avais dit je suis revenue de ça. Je ne suis jamais différente au point d'oublier les traces sur mes bras.

Ecrit par tchii, à 21:38 dans la rubrique "Quotidien".
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Vendredi 18 Mai 2007
Histoire de grands


Il n'appelle pas.

Première fois, première histoire de grandes personnes, de soirée et de première nuit. Première "ça ne fait de mal à personne" et première déception. Pas qu'il compte vraiment mais ce sentiment d'abandon parce que j'attends malgré tout. Je ne sais pas ce que je veux, qui je veux. Lui, ou un autre qui compte plus à mes yeux. Ma vie amoureuse, avant, après, qui tourne en rond et se mord la queue?

Tu es trop impatiente, il y a tant de choses, amis, amours, une première fois, qui y pense réellement, ça ne sera pas la dernière crois-moi.
Ecrit par tchii, à 22:18 dans la rubrique "Quotidien".
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Dimanche 25 Février 2007
Lendemain de garde


Le coeur un peu lourd. Un mélange de regret et de peurs. Passé et présent mêlés.

Ce matin pourtant, sur le chemin, sous le ciel bleu, le coeur léger. Après une garde, le sentiment d'avoir bien travaillé. Rencontres d'une nuit, les rires pour rassurer celui qui a mal, qui a peur, la main d'une vieille dame dans la mienne. J'aime le rythme de l'hôpital au petit matin, quand les gens viennent au goutte à goutte, que je peux prendre le temps de faire les choses. Le relais des équipes, et la journée qui s'annonce malgré la fatigue. Même si je dors quelques heures. D'abord l'internat désert, un jus d'orange, un oeil sur le journal de la veille. Ce temps entre parenthèses, avant que tout se mette en branle - les gens la vie. Le chemin pour rentrer, je croise quelques matinaux, il y a ce soleil et ces quelques signes de printemps. La musique sur les oreilles, je marche sans me presser. Je suis libre de tout faire.

Pensées vagabondes, sur cette histoire qui va cahin-caha, avec la distance et les barrières que l'on se met. M'attacher cette fois encore. Lui avant moi ou je n'irai pas?... Pensées vagabondes, sur l'histoire d'avant qui refait signe aujourd'hui, en ami.
Ma réponse...

Mon coeur ne peut pas.
Ecrit par tchii, à 22:43 dans la rubrique "Quotidien".
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Jeudi 08 Février 2007
Facile
La tête qui tourne un peu. Je me suis laissée entraînée. Peut-être que la journée était plus dure que je ne voulais le croire. Cette patiente qui délirait cet après-midi, et qui soutenait mordicus que son mari était mort la veillle - et son père. Au point de me faire douter. "Dites que je suis folle tant que vous y êtes..." Ce n'est pas ce que j'ai dit...
C'est juste un début de démence. A quarante-neuf ans, et une fille qui doit bien avoir mon âge...

Je fais seulement mon travail. Pleurer avec les gens n'en fait pas partie alors je retiens mes larmes. Et le soir quand on est tous ensemble à parler de nos histoires de patients, peut-être que c'est plus facile d'en rire. De faire semblant d'être détaché. Quelques verres et la discussion va bon train, il n'y a pas à être triste. C'est seulement depuis que je suis interne que je bois si souvent. Parce que c'est facile. Parce que certains soirs j'ai envie de ne plus penser à rien. Surtout pas aux patients qui meurent. A ceux qui ont la mémoire d'un poisson rouge - trois secondes et puis plus rien. Ou encore à ceux qui perdent le fil - et qui s'en rendent compte. A celui dont je tiens la main quand il dit "je sais bien que je perd la tête"... Avec cette question informulée derrière...

Même en cherchant les mots je ne trouve pas. Il n'y a pas de réponse. Mentir, là je ne sais pas. Et pour apaiser l'angoisse je n'ai pas grand-chose.
Juste ma présence...

C'est peu.
Ecrit par tchii, à 23:52 dans la rubrique "Quotidien".
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Dimanche 28 Janvier 2007
A distance.
Moins de 24 heures passées dans tes bras. Cette fois tu es vraiment parti - retour en Italie, visiter famille et amis... Quand me reviendras-tu dis-moi?

Est-ce que j'ai vraiment réfléchi le jour où je t'ai touché du doigt? Dans la navette qui nous ramenait à l'hôtel. J'ai rompu la barrière entre nous et le lendemain, au lieu du congrès l'école buissonière, et dans le parc plus tard, tu m'embrassais.

Des centaines de km entre nous, des heures de train déjà. Et seulement quinze jours ont passé. C'est une folie n'est-ce pas?

Ecrit par tchii, à 22:30 dans la rubrique "Quotidien".
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Mardi 02 Janvier 2007
Au dehors

Nouvelle année. Mon humeur qui vire du rose au noir, d’un seul coup d’aile. Toujours au dehors, ou presque, parce que dans le service je suis à ma place. J’ai mon rôle à tenir, mes patients à rassurer, à soigner. Des explications à donner, un cœur ou des histoires à écouter. Au dehors j’affiche mon sourire, pour voir celui des autres en retour. Parce qu’au dehors je ne supporterais pas, non je ne pourrais pas, affronter les états d’âme et le blues de Janvier. Les petites chamailleries, les conflits partis de rien. Les doutes et les questions sur l’amour. Dehors je veux faire comme si tout allait bien. Comme si je ne pleurais jamais, sur rien. Dehors je garde dans la tête cette semaine entre parenthèses, la chaleur des retrouvailles, le sourire de ma petite sœur. Je rêve à plus tard, mais je fais comme s’il ne me manquait pas - puisque ce n’est pas lui qui manque, mais ce qu’il était pour moi, un ami, un confident. Je ne pense pas à l’autre, à celui qui n’a pas appelé, ou celui qui n’a pas écrit. Je me rappelle que le chemin était long la fois d‘avant, mais qu’il a mené quelque part, c’est juste une question de patience. Et tant pis pour les rêves qui hantent la nuit, les morts qui ne le sont plus et les amours qui ne s‘effacent pas. Au dehors je ne veux penser à rien qui pèse sur le cœur

Ecrit par tchii, à 23:48 dans la rubrique "Quotidien".
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Samedi 16 Décembre 2006
Contradictions

Semaine éprouvante. Parfait exemple de ce qu'est ma vie depuis deux mois, depuis l'internat.

Lundi 11

Dans le train pour Paris. Je ne sais pas ce qui vient. Les grandes lignes. J'appréhende. Quelle va être ma réaction? Besoin de suivre les choses du début à la fin. La voir une dernière fois - la toucher? Besoin de rendre les choses plus réelles. Je connais déjà la mort. Mais l'autre, à l'hôpital. Pas celle d'un être aimé. Envie de lui dire au revoir. Me confronter à sa mort, parce que dans un sens depuis une semaine je fais comme si. Comme s'il y avait seulement la distance, qu'elle pouvait être au bout du fil, si j'appelais.

...

Mercredi 13

Le train à nouveau, retour à ... Une grande lassitude dans tout le corps. Dés demain pourtant, retrouver le chemin de l'hôpital, vendredi le tonus (et ce sketch qui n'est pas prêt...), achats de Noël ce week-end, une garde lundi... Pas le temps de s'arrêter, ne pas penser. C'est plus facile comme ça? Je ne sais pas. Elle me manque, elle nous a tellement manqués. C'était elle que l'on fêtait, pour elle que nous étions réunis, la grande maison pleine à nouveau, de la tristesse et puis des rires à se souvenir de. J'ai pleuré, pleuré mon chagrin de la voir trop tôt partie, pleuré pour J. et ... qu'elle laissait seuls, un peu pour G, j'ai pleuré et je lui ai dit au revoir. Au revoir ma tante chérie, au revoir à bientôt... Nous avons tous regardé le cercueil partir doucement, le feu a fait son oeuvre, quand nous t'avons retrouvée tu étais cendres, cendres dans une urne. J. t'a portée, que tu devais lui sembler lourde, petite mère dans ses bras. J'ai admiré son courage, celui de .... Comme les autres j'ai jeté des fleurs près de toi, des violettes, tu les aimais a-dit C.
Je t'ai toujours vue dans ton jardin, à planter et soigner tes fleurs, ou dans la cuisine à t'affairer, parler, rire, te disputer. J'ai du mal à croire que tu ne seras plus jamais là, si je ferme les yeux je peux te voir encore, sourire, me raconter les nouvelles, me conseiller, m'encourager. Tu étais là il y a deux mois, tu étais là cet été quand j'ai eu besoin d'un endroit pour l'oublier, d'une épaule. A toi je pouvais faire des confidences, raconter ma vie par épisodes. Et aujourd'hui tu aurais disparu? Aujourd'hui ton coprs devenu cendres, poussières, et ton âme, ton âme... Apaisée j'espère, aujourd'hui tu ne souffres plus.
Je pensais que te voir, te toucher - tu étais douce, tes doigts si froids - je pensais que cela me ferait réaliser ta mort, mais même aujourd'hui une partie de moi n'y croit pas. Si je reviens à ... dans un mois, deux, je te trouverai peut-être, dans le jardin ou la cuisine, et tu me souriras?...
C'est un rêve insensé, je sais bien ce qu'est la mort pourtant, et j'ai vu le vide que tu as laissé, surpris les larmes sur des visages que je n'avais jamais vu pleurer. J'ai vu ton corps reposer, visage de cire, et vu tes cendres déposées dans la tombe, je t'ai aimée fort à cet instant, plus encore, que tu sentes la chaleur autour de toi, l'amour de tous ceux qui étaient là, et que tu ne te sentes pas seule.
Je te le dis encore, où que tu sois, au revoir, au revoir à bientôt.
Je t'aime.

Jeudi la fatigue, le contre-coup, le froid, le manque de sommeil, retour dans le service et une matinée à me battre avec des mouchoirs entre deux patients. Ne vous inquiétez-pas m'sieurs dames, l'interne est opérationnelle... Un peu de paracetamol et une clémentine pour la vitamine C, une sieste dans une chambre de garde et espérer que ça passe.

Hier, journée plus calme dans le service, ai fait le plein de rire. Le soir, départ pour le tonus, déguisement dans le sac, quelques idées dans le coeur mais quoi?... Débauche de monde et d'alcool, le festin virant à la bataille rangée, des centaines d'euros de nourriture sur le sol, ambiance salle de garde et trash attitude. Pas envie de faire la conversation, je me force pourtant, aller vers les autres, je parle à d'autres internes, il n'y a que ça ici, ah et un délégué médical - mais qu'est-ce que vous faites ici vous êtes perdu? et des externes, pour changer. Je finis par danser avec S. et plus, sagement. Je suis bien dans ses bras, je me demande à quoi il pense et moi je ne veux penser à rien. Nous nous séparons. Je le retrouve plus tard et je l'entraîne dans le noir. Je ne sais pas ce que je cherche, juste profiter de l'instant, demain tout sera fini. J'aime bien l'embrasser, je sais que ça ne mène à rien, mais il a des baisers doux et puis besoin de tendresse. Interruption bis. Le reste de la soirée se passe sans qu'il fasse un pas vers moi. Tu t'imaginais peut-être que?... Idiote.
Au petit matin, j'aide à ranger, plus aucune envie de dormir, nous passons une heure à travailler de concert et j'évite son regard - ou lui le mien? J'écoute sans le vouloir sa conversation avec C. qui le cuisine, petit bilan de fin de soirée alors t'as pêcho qui? Je surprends son regard gêné, il sait bien que je ne suis pas loin, il me montre discrètement à C. et moi je sors pour ne pas entendre la suite. C'était juste comme ça, sans plus. Plus tard pourtant dans un couloir, envie de lui poser la question, juste pour savoir, mais les mots ne sortent pas et je croise seulement son regard. Il ne dit rien non plus, juste un geste tendre, doux - ça n'est pas de la tendresse quand on n'est des presqu'inconnus, baiser d'esquimaux, et il m'embrasse à nouveau. Juste comme ça.

On se dit au revoir et c'est un adieu j'en suis sûr. Il y a de la tristesse dans les lendemains de fête.

Ecrit par tchii, à 23:28 dans la rubrique "Quotidien".
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Lundi 04 Décembre 2006
Extraits

Vendredi 24

Le grand-père de S. vient de mourir. Elle accuse le coup. Loin de sa famille, loin de tout. C’est dans ces moments-là qu’on ressent le plus l’éloignement. A se demander pourquoi l’on a voulu partir. Ce que l’on a voulu chercher si loin - ce que l’on a voulu prouver et à qui. J’espère que ça ira pour elle. On ne se connaît pas encore beaucoup mais elle compte déjà, à sa façon. On partage le même espace, la même vie. On a les mêmes angoisses, on pose les mêmes questions. On a notre personnalité c‘est sûr, on aborde le monde différemment. Mais si chacune a des failles qu’elle ne montre pas aux autres, on a parfois des réponses à proposer, à partager… J’espère que ça ira pour elle, qu’elle trouvera la bonne distance. On a un métier qui demande beaucoup. Mais pour bien le faire, il faut penser à soi, se protéger. C’est le premier pas, quoi qu’en disent ceux qui croient savoir. On ne peut pas soigner si l’on se rend soi-même malade… Mal à ne pas dormir, mal à l’idée de mal faire.

Je suis rentrée ce week-end. Première fois après un mois d'absence. Revoir famille et amis, retrouver ma ville... Les lieux familiers et les souvenirs qui vont de paire. J'ai aimé les retrouvailles, moins apprécié les souvenirs. Quelque chose qui reste de notre histoire de pas cicatrisé. La peur de le croiser au détour d'une rue, même s'il est à Paris cette année - il rentre sûrement le week-end voir papa et maman... Une peur pas si irrationnelle: ma ville est si petite parfois. Suis tombée sur V. en rentrant le dimanche, ma première histoire, mon premier amour. On a parlé, échangé vite fait des nouvelles. Il est dans le stress de la préparation au concours, l'enjeu est d'importance pour lui, il veut chir à Paris. Sa chérie est là-bas, celle qu'il a choisie après moi. J'étais heureuse de lui parler, juste un moment, nous ne sommes pas proches mais avec le temps, la blessure est partie et je ne l'ai plus aimé. C'est en tombant amoureuse de nouveau que tout s'est apaisé. Il n'y a pas de miracles. C'est la même histoire aujourd'hui, j'ai tout reconstruit, je suis droite sur mes jambes, j'aime la vie que j'ai choisie. Simplement il y a encore trop de lui dans mes souvenirs, et rien dessus pour estomper la peine. Ou pas assez de choses encore.  

Jeudi 30

Je suis à nouveau dans cette période fragile. Rester une soirée à discuter avec un garçon qui me plaît c’est dangereux. Surtout quand le garçon en question est pris et qu’il ne se doute pas un instant qu’il me fait cet effet-là. Je suis dans ma période fragile, où le moindre geste de tendresse me ferait pleurer. C’est vrai, je rêve encore au Prince Charmant. J’espère que la vie me l’apportera. Ou le vent, ou la mer. Ce Prince-là n’a pas besoin de grand-chose, juste d’être la pièce qui manque à mon cœur. J’apprendrai à l’aimer ou j’aurai comme un coup de foudre à le voir la première fois. Qui sait où il apparaîtra la prochaine fois?…

Je n’oublierai pas mes deux amours. Ils ont été mon Prince, tour à tour. A un moment, chacun à leur façon ils ont été tout pour moi. Et même si je m’en défends, même si je devais mieux me protéger la prochaine fois, je sais que celui qui viendra sera tout pour moi, même s’il ne le demande pas. Je ne sais pas aimer autrement, je ne sais pas me retenir. Et même si je n’ai besoin de personne pour suivre ma route, je sais qu’en amour je choisis ces chaînes-là. 

Un autre sujet sur le coeur. Mais aucun mot à écrire, pas sur ça. Juste en pensée.

Ecrit par tchii, à 23:09 dans la rubrique "Quotidien".
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Mardi 28 Novembre 2006
... et des poussières.

Mercredi 22

Quatre mois déjà. Presque la moitié de notre histoire, c’est étrange comme le temps s’envole. J’ai encore des souvenirs de nous qui reviennent pour un film ou une phrase. Je parle de nous à la moindre anecdote que je raconte - il prenait toute cette place dans ma vie. Aujourd’hui il n’est plus qu’un étranger, un autre qui s’ajoute à ma liste, un autre garçon du passé. Aujourd’hui j’ai effacé son numéro mais pas jusqu’au dernier de ses messages - encore un rien d’attachement peut-être? Quatre mois et je me demande encore parfois s’il pense à moi. Quatre mois et je me laisse aller à imaginer: si j’avais essayé de le retenir. Si je lui avais dit essayons encore. Si je lui avais dit moi je ne veux pas en rester là. Qu’est-ce que j’aurais gagné, une semaine ou deux à ses côtés? Je n’en voulais pas. Je ne suis pas une fille qui s’abaisse quand on ne veut plus de moi.

Presque un mois que je suis interne. Je suis dans mon élément, je ne me suis pas trompée de voie. J’aimerais avoir plus de temps, pour lire les cours un peu. Mais au final, je fais comme les autres, pas plus mal je crois, et j’apprends sur le tas. Je parle aux patients, je parle aux familles, des fois je me sens à la hauteur et des fois pas. Je travaille toujours avec le sourire, ça me plaît d’être là. Ce n’est pas toujours facile, il y a la fatigue, les patients un peu durs, ou juste le moral bas, parce que j’ai été mauvaise sur un problème lambda. Mais j’ai de la chance dans ce service, avec mes chefs et toute l’équipe, jamais laissée seule et vas-y gère. Un pas après l’autre et voilà, quelque soit le chemin j’avance.

Ecrit par tchii, à 23:44 dans la rubrique "Quotidien".
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Lundi 16 Octobre 2006
Deux semaines
Deux semaines encore. Pour occuper les jours, les derniers détails à régler, le déménagement, et pour occuper les nuits, mes rêves d'hier et de demain mêlés. Pour patienter, un "avant-goût de", au retour de ces quelques journées d'accueil. Des images plein la tête, des rencontres pour se donner du courage et affronter l'inconnu. Le soleil sur mon visage et le goût du sel sur mes lèvres. Le vent et cette pluie qui ne mouille pas. Des photos pour fixer les souvenirs, parce que je suis comme ça et qu'il n'est plus là pour se dérober à mon objectif.

Je veux profiter de chaque instant de cette vie.

Deux semaines encore...



Dans ma tête je suis déjà partie.
Ecrit par tchii, à 22:57 dans la rubrique "Quotidien".
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